« Derrière ton écran, commente différemment ! » 7e édition de la Semaine «Le poids ? Sans commentaire!»

La Semaine « Le poids ? Sans commentaire ! » est une initiative de l’organisme ÉquiLibre qui a pour but de sensibiliser la population à l’omniprésence et aux conséquences négatives des commentaires sur le poids. Cette campagne sociétale,dont la septième édition a lieu du 12 au 16 novembre 2018, s’inspire d’une initiative américaine lancée en…

« J’ose maintenant porter un short » : elles racontent ce que les blogueuses body positive leur ont apporté

Ely Killeuse, Lisa de Happy Fit, Gaëlle Prudencio… Elles incarnent, en France, le mouvement body positive qui prône l’acceptation de son corps. Sur les réseaux sociaux, elles sont suivies par des milliers de personnes qui témoignent dans cet article de ce qu’elles leur ont apporté notamment dans le regard qu’elles portent à leur corps. Lire…

Mouvement « I weigh »

L’actrice Jameela Jamil, notamment vue dans la série « The Good Place » diffusée sur Netflix, a lancé le mouvement « I weigh » pour promouvoir une image positive de soi dont l’objectif est de se peser en tant que personne et en termes de valeurs humaines. Pas en kilos.
Retrouvez un article sur le Huffingtonpost

ou le texte original (paru le 25 février 2018) ci-dessous

 

I weigh
(Traduit de l’anglais, à partir du blog de l’actrice)

Aujourd’hui, j’ai 32 ans.

C’est le meilleur anniversaire que j’ai jamais eu parce que je me suis réveillée avec des milliers de femmes qui m’envoyaient des photos et des messages sur ce qu’elles aiment dans leur vie et les choses qu’elles ont faites et dont elles sont le plus fières. Cela dure depuis des jours maintenant.J’explorais Instagram quand je suis tombée sur cette photo :

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Je ne pouvais pas croire ce que je voyais. Une photo d’un groupe de femmes adultes avec leurs poids respectifs notés sur chacun de leurs corps, et le commentaire demandant ce que nous en pensions et qui demandait ensuite aux abonnées « Combien pesez-vous? »

ON S’EN FOUT ! C’est insensé ! Qu’est-ce que cette photo essaye d’accomplir d’autre que de provoquer de l‘anxiété chez les jeunes femmes à propos de quelque chose d’aussi complètement hors de propos ? Qu’enseignons-nous aux femmes sur nos valeurs ? Cela peut-il être mesuré ? Pourquoi trouve-t’on autant de « posts » comme celui-ci sur les réseaux sociaux ? Comment quiconque est censé passer une putain de journée content de lui-même quand on nous donne des objectifs déraisonnables et superficiels à atteindre, en deçà desquels, peu importe qui nous sommes, ce que nous faisons, combien de vies nous sauvons, combien d’enfants nous élevons, combien de vies nous touchons, nous ne valons rien.

J’ai craqué. J’en peux plus. J’ai tellement marre de voir ça et de laisser passer. C’est tellement dangereux et dégoûtant. C’est tellement dénigrant et abusif. Nous sommes victimes d’intimidation subliminale toute la journée par les magazines, les encadrés de la honte, les réseaux sociaux et les uns par les autres. L’assaut est si agressif que nous allons devoir riposter avec 10 fois plus de force pour annuler tous les dommages à la psyché globale des femmes. J’ai donc posté ceci:

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Je pèse : une belle relation amoureuse, des supers amis, je ris tous les jours, j’aime mon boulot, je gagne bien ma vie, je suis financièrement indépendante, je suis porte parole du droit des femmes, j’aime bien mes avant-bras qui pendouillent, je m’aime bien malgré TOUT ce qui j’ai appris à haïr à propos de moi-même par les médias. 

Une petite ode à la vie merveilleuse que je suis si chanceuse de vivre, que j’ai bâti de rien par moi-même, aux amis que je suis si chanceuse d’avoir et à mon amour propre. C’est comme ça que je me mesure. Ce que j’ai fait, comment j’ai fait se sentir les gens et combien je me suis amusée. Il m’a fallu 10 ans pour réaliser que je vaux plus que les chiffres sur un ruban à mesurer. Et plus important encore, le rejet de la honte corporelle ne devrait pas seulement concerner nos défauts, mais aussi quelque chose qui ne concerne pas vraiment le corps. L’acceptation de soi est importante. Mais nous méritons plus que l’acceptation. Allons aussi loin que possible de la conversation au sujet de nos corps et faisons de l’éloge, l’intégrité, la réussite, la contribution à la société et la gentillesse: des valeurs qui valent la peine d’être citées à nouveau.

Je l’ai posté sur Twitter et en une heure des femmes ont commencé à m’envoyer les leurs. Il y en avait trop pour suivre, c’est arrivé si vite. Les photos étaient incroyables. Aucune d’entre elles n’étaient posées ou filtrées, personne n’était dépeint en dehors de sa vie ou n’y a ajouté quoique ce soit. C’étaient des femmes vivant leur vie, écrivant toutes les choses dont elles étaient reconnaissantes et fières. Tous les diplômes qu’elles ont obtenus, les bébés qu’elles ont faits, le cancer qu’elles combattent, leur famille qu’elles aiment, les handicaps avec lesquels elles vivent ou qu’elles aident à surmonter, les relations qu’elles ont établies, les entreprises qu’elles ont créées. Seulement des femmes qui se réveillent et qui se souviennent qu’elles sont précieuses et qu’elles font des choses incroyables et difficiles. Des choses qui ne se résument pas à réussir le contour de lèvres parfait, à perdre le poids de grossesse rapidement ou à être capable de manger de la pizza en faisant une séance photo en lingerie !!

Voici quelques unes de mes préférées :

 

Des femmes de toutes les tailles, de toutes les formes, de tous les âges et de tous les univers m’ont envoyé leur déclaration d’amour propre et ont répondu à la honte dont elles ont été inondées toute leur vie. Nous sommes attaquées par ce monstre TOUTE NOTRE VIE. Des parents stupéfaits m’écrivent que les réseaux sociaux poussent leur enfant de 8 ans à parler de régimes et de ce qu’ils n’aiment pas dans leur corps en pleine croissance. Nous sommes face à une épidémie de haine de soi. Instagram, bien qu’étant parfois un moyen incroyable pour nous de partage, nous précipite à bien des égards à la vitesse de la lumière vers la disparition de ce que les suffragettes construisaient.

Nous manquons de concentration car nous nous focalisons sur les mauvaises choses. La plupart des femmes que je connais se lèvent plus tôt que les hommes pour se préparer et dépensent une grande partie de leur temps et de leur argent pour des absurdités complètes comme des manucures et des pédicures, des traitements capillaires et des épilations. Des femmes se blanchissent l’anus. Nous sommes allés aussi loin dans notre poursuite de la perfection, que nous ne sommes plus satisfaits de la couleur naturelle d’une région que presque personne au monde ne verra jamais. Nous devons être minces, mais avec de gros seins et des fesses, sans tache, sans poils, sans rides, à la peau claire mais toujours avec un léger hâle; nous devons être drôle, manger de la pizza et boire des bières mais aussi être dépourvues de cellulite, nous devons toutes avoir des nez minuscules et des yeux et des lèvres énormes mais avec les visages maigres, mais nos visages maigres ne doivent jamais sembler maigres et vieux.Et après tout cela, et après tout le travail que nous faisons, que nous faisons autant que les hommes, sur substantiellement moins de calories que nous avons probablement besoin, nous sommes jugées plus et payées moins de toute façon.NON, je suis désolée mais à un moment donné, il faut que ça cesse. Nous devons protester. Nous devons le faire ensemble. Plutôt que de nous en plaindre, remplissons le vide de sens avec une certaine perspective et un certain respect pour les vies que nous avons la chance de vivre. Une éducation est un luxe et une belle chose, non accordée à des millions de femmes dans le monde. Faire des enfants et les élever pour qu’ils soient heureux, sains et gentils est une grande réussite qui construit littéralement le monde. Survivre à la maladie, à la guerre et aux pressions sur la santé mentale fait de vous une guerrière. Se battre pour les droits de ceux qui n’ont pas de voix est héroïque et important. Lire, écrire et vous remplir de connaissances vous rend tellement plus amusant. Voyager et être indépendant et se soutenir soi-même est le signe d’une femme qui contrôle sa vie.
Nous passons notre vie à rechercher l’approbation des autres alors que nous ne nous approuvons pas nous-mêmes vraiment. Mon opinion sur moi est maintenant (et seulement depuis très récemment) la seule qui compte.Je me souviens avoir 15 ans, misérable et tellement déçue par moi-même, pensant que ça n’avait pas d’importance que j’ai une bourse d’étude complète, un travail et de bonnes notes, une 8ème année en piano, parce que mes os de hanches ne ressortaient pas, que j’avais un visage rond et que mes cuisses se touchaient toujours. On m’a appris que rien d’autre n’importait. Et que ma graisse recouvrait mes réalisations. Je suis tellement consciente des dommages que les médias causent à un esprit vulnérable. Ça a ruiné les 20 premières années de ma vie.  J’ai trouvé ce vieux dessin vraiment triste que j’ai fait de moi-même quand j’avais 16 ans, avec ce que je pensais que je devais ressembler pour être accepté par les filles à l’école, et la société en général.

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Je ne peux pas m’asseoir et lire les messages de haine de soi que les adolescentes m’envoient, à propos de la façon dont elles se détestent car elles ne ressemblent pas aux mannequins de Victoria’s Secret. Je ne peux pas regarder ce qui m’est arrivé, leur arriver.

J’appelle par la présente tous les journaux dirigés par un homme qui humilient les femmes à propos de leur apparence.

J’appelle par la présente les journalistes qui écrivent des articles humiliants passifs-agressifs sur la prise de poids et de félicitations sur les femmes qui perdent du poids.

J’appelle MASSIVEMENT par la présente les célébrités qui ne documentent pas ce qu’il en leur en coûte pour ressembler à elles-mêmes. Si vous avez subi une chirurgie, dites-le. Si vous suivez un régime strict et un programme d’exercices contraignant, dites-le. Ce n’est pas féministe de promouvoir une image qui a été créée dans le laboratoire des fantasmes du patriarcat, essentiellement celle d’une poupée sexuelle, à d’autres femmes, et de prétendre que cela vient naturellement à vous, et que la malbouffe et rester couché dans des chambres d’hôtel de luxe est ce qui vous garde belle. Vous avez une plate-forme et devez l’utiliser de manière responsable.

J’appelle par la présente l’industrie de la mode qui toujours, 10 ans après avoir été dénoncée, continue de perpétuer l’idée que des vêtements chers ne rendent bien que sur des adolescentes maigres et à peine pubères. (Aucune d’elles ne peut s’offrir vos putains de vêtements)

J’appelle par la présente les femmes qui trollent d’autres femmes en ligne sur leurs apparences.

J’appelle par la présente les trolls qui vivent dans nos propres têtes et éradiquent tous nos accomplissements et nous inondent de doute de soi et de haine.

Dans ce soulèvement du pouvoir féminin, nous devons réaliser vite et en masse que nous nous fixons des buts supplémentaires absurdes. Plus nous arrivons en tant que genre, plus les idéaux que nous avons à atteindre deviennent ridicules. Nous avons été distraites et nous avons quitté la balle des yeux. Chaque minute que vous passez à penser à quel point vous n’êtes pas mince ou magnifique, c’est une minute que vous ne consacrez pas à la croissance de votre entreprise ou de votre vie.

Je ne dis pas que ce n’est pas important de faire attention à votre santé. Je ne dis pas que votre IMC n’est pas quelque chose qu’il faut surveiller. Je pense qu’il est important d’essayer d’être active et de manger équilibré. Mais je pense aussi que la honte et le sentiment d’échec est ce qui nous pousse à de mauvaises habitudes alimentaires pour nous réconforter quand nous nous sentons inférieures ou déprimées. C’est une impasse.Et par tous les moyens, soyez fier de votre apparence. Profitez de vos looks, de vos vêtements et de votre sex-appeal, mais n’en faites pas votre préoccupation numéro un et votre meilleur atout. Il peut être dans votre top dix, mais il ne devrait jamais, jamais vous définir. Ce n’est pas important. Nous ne sommes pas censés nous ressembler toutes. Et rien de bon ne vient jamais de la haine de soi. Cela ne vous poussera jamais plus loin. Cela vous retiendra toujours.
Pensez aux choses dans votre vie dont vous êtes fières, qui vous satisfont, qui vous rendent heureuses et écrivez-les quelque part, et regardez cette liste chaque fois que vous pensez que vous échouez, ou que vos jeans sont serrés, ou vous avez un bras potelé dans une photo de groupe en soirée, ou quand vous regardez une vidéo d’une des soeurs Hadid manger des pâtes.S’il vous plaît rappelez-vous que vous avez tous les droits d’être ici, et que votre vie est importante et précieuse, et que sur votre lit de mort, vous n’allez pas penser à vos poignées d’amour.

J’aime les femmes et nous méritons tellement plus que cela. Nous pouvons faire mieux. Nous le devons.
Nous pouvons gagner la révolution contre la honte.